[ concours europan 6 ] site de sotteville-les-rouen - " train de vie "

L'ouverture sur un site aussi vaste soulève ce thème d'entre-ville à travers des tranches de vitesse de la ville à proximité, ressenties à travers des rythmes éconduits de l'extérieur urbain par l'aménagement à l'intérieur d'un contexte de friches et d'anciennes infrastructures.

     
programme
concours europan 6
site de sotteville-les-rouen
" train de vie "


maître d’ouvrage
europan


architecte
marc lacombe
virginie gravier


participation
bruno coispel
sylvestre lecervoisier


lieu
sotteville-les-rouen


calendrier
fevrier 01

  [ concours ] europan 6 - site de sotteville-les-rouen - " train de vie "

     


[ Train de Vie ]
La vie va bon train dans la ville qui mène ses trains.
Toutes deux offrent le spectacle permanent et réel d’évènements sans cesse en mouvement. La reconquête de cette portion de ville permet de mettre en scène la ville dans une programation diversifiée, pour en avoir une perception nouvelle et entière de cet oeil de l’intérieur de l’urbain.
Ainsi relever à une hauteur de quai un belvédère de un kilomètre et demi fait la longueur d’une promenade et transforme la limite ferroviaire en un espace public vertébré.
Une véritable jetée borde les réseaux ferrés et retient l’étendue de cet horizon vacant. Un début et une fin sont marqués par un équipement à chaque extrémité.
La proximité d’un rythme urbain implique le rythme ”de tranches de vitesse” relatives à la cinétique de transit.
Le concept d’une mobilité qui se fixe n’est pas antinomique lorsqu’il s’agit de traîter un tel territoire en dérive. Alors une série de wagons détournés arrive sur le site en petits équipements réinventés pour ateliers d’artistes, entrepôts, petites entreprises, bureaux... et viennent marquer les dièses aléatoires d’une partition paysagère.
”Je suis dans la ville lorsque je m’y déplace”.
Les oportunités foncières restent entières et possibles pour une extension future de la ville. A commencer par la réactivation d’une gare voyageurs et la reconversion des entrepôts éxistants qui conglomèrent une mixité entre cité artisanale, ateliers et habitat.
Programme et projet viennent se greffer sur les organes viables qui restent sur le vaste site.
Une tête de pont s’articule autour d’une nouvelle gare délocalisée et fait le lien avec la ville viaire en élargissant son accès automobile.
Enfin l’énorme jachère est traîtée paysagèrement afin de redynamiser le lieu en paysage.

[ Problématique du projet par rapport à EUROPAN 6 ]
L'ouverture sur un site aussi vaste soulève ce thème d'entre-ville à travers des tranches de vitesse de la ville à proximité, ressenties à travers des rythmes éconduits de l'extérieur urbain par l'aménagement à l'intérieur d'un contexte de friches et d'anciennes infrastructures.
Une nouvelle structuration urbaine s'effectue autour d'un démembrement de cette étendue par la capillarité de traverses en retrouvant ces tranches de vitesse de la ville alentour.
L'interface ville/friches ferroviaires se développe autour d'entrepôts à réhabiliter.
L'habitat se concentre dans un système intégré à l'existant.
S'agissant d'un territoire dont la béance s'étend aux limites physiques d'une mer ferrée et au delà d'un fleuve, l'entre-ville obsolescente devient potentiellement cette frange à reconquérir.
Comment?
"Ce qui sépare, réunit": le belvédère-promenade en bordure articule ce qui était une limite hostile et fait du passage des trains un spectacle quotidien et peut être une veine vivante dont le pouls fera battre le restant pour l'instant inerte du site.
L'enjeu fonctionnel implique la réhabilitation de la gare de fret en station de voyageurs dont l'accès élargi abouche la continuité du transit et fend ce territoire en son milieu stratégique.
L'enjeu social est assuré par une mixité appliquée à la reconversion des grands magasins et des entrepôts avec l'arrêt de wagons rhabillées et personnalisés, s'égrenant le long de filaments restants ferroviaires.
Une micro-économie est sine qua non à l'aménagement flexible de micro-espaces, se prêtant à la réalité du développement d'une économie actuelle autour des petites moyennes entreprises et d'activités tertiaires, accompagnées de perspectives d'écologie urbaine.
L'enjeu sensible reste la mise en scène d'un paysage actuellement reclus dont les traces permanentes permettent la mise en valeur du site avec ses matières revalorisées en douceur rappellant "mnémotiquement" son passé.

[ L'identité du sol ]
La route se distingue du chemin non seulement parce qu'on la parcourt en voiture, mais en ce qu'elle est une simple ligne reliant un point à un autre.
Le chemin est un hommage à l'espace. Chaque tronçon du chemin est doté d'une identité propre et nous invite à la halte.
Avant même de disparaître du paysage, les chemins ont disparu de l'âme humaine: l'homme n'a plus le désir de cheminer et d'en tirer une jouissance. Le temps de vivre s'est réduit à un simple obs tacle qu'il faut surmonter à une vitesse toujours croissante.
Dans le monde des routes, un beau paysage signifie: un îlot de beauté relié par une longue ligne à d'autres îlots de beauté. Dans le monde des chemins, la beauté est continue et toujours changean te, à chaque pas, elle nous dit "Arrête -toi !".
L'empreinte et l'identité de ce lieu nous sont révélées à travers les lignes de vie de son sol.
La matière même dont le sol est fait joue son rôle et remplacer les matières actuelles revient à nier son identité c'est pourquoi nous choisissons de valoriser cette richesse qui retient notre regard : poli indestructible des rails brillants, irrégularités, interstices herbus...

[ Programme et parti constructif ]
L'ancienne fonction de fret du site conserve dans l'état projeté cette interface de jonction urbaine, offrant dans l'existant délaissé l'intégration d'habitat mêlé d'activités.
Les interventions privilégient la réhabilitation greffée à l'intérieur de grands volumes dont la structure architectonique est conservée en apparaissant distinctement.
Le parti constructif intègre subtilement la fonction habitat sous forme d'espaces privés à géométrie variable , reprenant parfois niveaux existants ou s'intercalant entre deux .
Les anciens magasins généraux, à la superficie la plus importante, permet une disposition entièrement libre qui déjoue la verticalité et le volume offerts.
Une rue intérieure plantée sous la verrière met en abîme la ville environnante à l'intérieur de l'entrepôt.
La reconversion des friches industrielles permet la ré-activation du site, en ré-affectant à celui-ci une mixité entre habitat et activités.
Le projet rassemble sur la totalité du site relié équipements culturels, tertiaire artisanale (wagons-activités avec possibilité d'extension à l'intérieur d'entrepôts), parkings sérigraphiés
( " muséographiant " les pollutions visuelles d'automobiles), gare voyageurs réhabilitée et logements-ateliers intégrés aux grands magasins.

[ Surfaces ]
  • 31 appartements dans la grande halle:
    • 10 triplex avec 2 ou 3 chambres (100m2).
    • 9 duplex avec terrasse et 3 chambres (85 ou 110 m2).
    • 3 duplex avec 2 terrasses et 3 chambres ( 100 + 25m2).
    • 9 studios avec 1 ou 2 chambres ( 110 + 50m2).
  • 7 maisons le long de la grande halle avec commerces en rez de chaussée: 100 m2.
  • Modules de wagons-activités prolifiques et contrôlés: 60m2 chaque.
  • L'aspect phasage d'un scénario programmatique est à envisager car un tel site ne peut revivre que par une lente mutation métamorphe et plurielle, laissant l'espace riche de ses vides ponctués de vie régénérée.